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Contextualisation, apprentissage et échange de bonnes pratiques au Ghana

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    15 juin 2017

    À l’occasion de notre 15e anniversaire, nous vous proposerons au cours des prochains mois une incursion inédite au sein de nos activités. Comment se construit concrètement un projet? Quelles sont les étapes de mise en œuvre? Comment évalue-t-on les résultats sur le terrain? Bienvenue dans le monde de la coopération internationale en droits humains et en accès à la justice!

     

    Du 25 mai ou 2 juin dernier, des représentants d’Avocats sans frontières Canada (ASFC) ont mené conjointement avec des représentantes de l’ONG canadienne Carrefour international une mission à Accra, au Ghana. Cette mission, qui s’inscrit dans la foulée d’une première mission réalisée en février 2017, avait pour but d’en connaître davantage sur le contexte ghanéen en matière de violence conjugale et autres formes de violences basées sur le genre (VBG).

    Elle visait à circonscrire les besoins et identifier les priorités sur le terrain, à partager les expériences enrichissantes propres à chaque organisation et à tracer avec les partenaires ghanéens les contours d’une proposition de travail conjoint.

    Plus d’une vingtaine de rencontres ont été tenues, notamment avec la ministre du Genre, de l’Enfance et de la Protection sociale du Ghana, la Commission de droits humains et de justice administrative, le Bureau national d’aide juridique, ainsi que plusieurs organisations de la société civile et actrices et acteurs de la communauté juridique, dont des avocat(e)s défenseurs des droits humains. La mission a aussi permis à ASFC de mieux connaître le travail de Carrefour international dans le pays.

    « Nous sommes heureux d’avoir pu en apprendre davantage sur les moyens mis en place pour améliorer l’accès à la justice des femmes au Ghana et partager nos expériences respectives. Ces échanges de bonnes pratiques sont essentiels pour comprendre comment nous pouvons combiner nos efforts respectifs sur le terrain. Nous souhaitons poursuivre cette collaboration avec des personnes inspirantes et des partenaires qui sont des acteurs de changement. Le contexte au Ghana est très propice pour faire un pas de plus en faveur de l’accès à la justice des femmes et des filles et de la lutte contre l’impunité en matière de violences basées sur le genre » souligne Me Pascal Paradis, directeur général d’Avocats sans frontières Canada.
     

    Quels défis particuliers pour le Ghana?

     

    Selon une enquête menée en 2016, les femmes ghanéennes sont principalement victimes des formes de violences suivantes : violence économique (12.8%); violence sociale (11,6%); violence psychologique (9,3%); violence physique (6%); violence sexuelle (2,5%).

    Malgré l’adoption en 2007 de la Loi sur les violences conjugales, ces dernières constituent la forme de violence la plus fréquente au Ghana. Cette loi constituait en principe une avancée significative car elle comporte plusieurs éléments novateurs, dont une définition large et plus inclusive de la violence domestique.

    Toutefois, dix ans après son adoption, cette loi serait encore mise en œuvre de manière limitée et peu utilisée par les enquêteurs, les procureurs, les magistrats et les avocats. La majorité des cas demeurerait peu dénoncés par les victimes en raison :

    • de réticences manifestées par certains éléments des forces de l’ordre à donner une suite à des plaintes;
    • de pressions sociales exercées sur les victimes pour les inciter à ne pas dénoncer leur agresseur;
    • de la crainte des victimes de perdre une source de revenu si leur conjoint est condamné à une peine d’emprisonnement;
    • des lenteurs associées aux procédures judiciaires.

     

    Alors qu’un grand nombre de filles et de femmes continuent à subir différentes formes de violence dans le silence, celles qui osent dénoncer leur agresseur ont un accès limité à la justice. Par ailleurs, les autres besoins des femmes victimes de VBG, dont l’accès à des services médicaux, psychologiques et à un hébergement sécuritaire temporaire, sont généralement peu ou pas comblés. 

     

    Des moments forts

     

    Cette étape de contextualisation auprès des acteurs locaux, de même qu’à partir des projets déjà menés et du cadre juridique existant dans un pays donné, est essentielle afin de déterminer la bonne approche à développer pour assurer le succès d’un projet de coopération.

    « Les partenaires rencontrés réalisent un travail solide et impressionnant. Nous avons observé beaucoup de détermination et d’engagement de la part de représentantes de groupes de femmes, d’avocat(e)s et de membres de communautés locales qui obtiennent des avancées significatives en matière de droits des femmes au Ghana. C’est très stimulant d’apprendre et de partager avec elles », ajoute Me Gaël Pétillon, conseillère juridique pour Avocats sans frontières Canada.

    Voici quelques moments forts qui ont marqué cette visite :

    • rencontre avec des femmes qui ont bénéficié d’une formation pour devenir des agents de vulgarisation juridique, un rôle qui leur permet d’accroître leurs connaissances sur leurs droits et les lois existantes et d’informer leurs concitoyen(ne)s sur le droit en vigueur notamment en ce qui concerne les violences basées sur le genre;
    • témoignages de la part de plusieurs agentes de vulgarisation juridique rencontrées qui ont affirmé que leur collaboration avec CI et WILDAF leur ont permis d’assumer un plus grand leadership et d’être plus respectées au sein de leur communauté; 
    • rencontre avec des avocat(e)s qui représentent des femmes ayant été victimes de violences basées sur le genre ou qui plaident des cas emblématiques de violations des droits des femmes victimes de violences basées sur le genre et de personnes en situation de vulnérabilité.

     

    ASFC tient à remercier l’équipe de Carrefour international au Canada et au Ghana, de même les organisations ghanéennes Women in Law Development in Africa (WILDAF) et Pro-link, qui nous ont accueillis et accompagnés tout au long de cette mission.

     

    Photos

     


     

    Séance de travail entre des représentant(e)s de Wildaf, Prolink, Carrefour International et Avocats sans frontieres Canada.

     

     

    Agentes de vulgarisation juridique qui participent à une séance organisée par Wildaf et Carrefour International en vue de réaliser un bilan de leur projet et de formuler des recommandations pour l’avenir.

     

     

    Présentation de la directrice de Wildaf, Melody Darkey, sur le rôle de différents acteurs de la justice dans la lutte contre les violences conjugales et autres formes de violences basées sur le genre.


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